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Francesco Hayez, peintre de nus

 
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allegro


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MessagePosté le: Mer 15 Avr - 00:23 (2009)    Sujet du message: Francesco Hayez, peintre de nus

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FRANCESCO HAYEZ, PEINTRE DE NUS     





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En parcourant assidument les sites consacrés à la peinture, on finit par repérer, parmi ceux qui ne sont pas illustres, les artistes qui sortent un peu du lot. Dans le domaine particulier du nu, on ne peut pas manquer de remarquer tôt ou tard un peintre italien du 19ème siècle, qui se nomme Francesco Hayez. Voici d'abord, avant de regarder certaines de ses toiles de plus près, un aperçu général de son travail.     



     
   



    
   



     
   



     
   


   




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A présent regardons quelques toiles de plus près.   







   

(Rinaldo et Armida . 1814)   


Ce tableau de jeunesse est plutôt amusant. Il y a là un mélange de solennité et de burlesque. La belle Armida est une princesse musulmane (princesse je ne suis pas sûr, mais en tout cas une personne importante dans cette civilisation), et par malchance elle s'est éprise de Rinaldo, qui lui est un croisé, c'est à dire un ennemi de son peuple. Ces deux-là vivent un amour impossible, comme voudrait le montrer cette toile.   
Le paysage est grandiose, romantisme oblige, les amants sont bien protégés par le vaillant et farouche soldat planqué parmi les arbres derrière eux à droite (à moins qu'il s'agisse d'un espion, allez savoir!), et notre Rinaldo a quitté son harnachement de guerrier. Il se traine à demi nu aux pieds de sa belle, levant vers elle un visage énamouré, tragique, et totalement grotesque! La proximité des deux visages l'oblige à loucher pour faire le point, et à se tordre le cou, ou plutôt à se le dévisser pour être en face de l'aimée ! Quant à elle, stoïque, elle reste belle et triste juste ce qu'il faut. Rien de tout cela ne semble la troubler outre mesure. On n'est pas princesse pour rien !Au total donc, une toile convenue à mon humble avis, mais le profil ahuri de Rinaldo restera dans les mémoires !Et puis tout de même, il y a dans tout ça un charme étrange, on est dans la nature pour de bon, une nature luxuriante, peinte avec un soin extrème, on entend le clapotis de l'eau et le gazouillis des oiseaux, on aperçoit un pont au loin, trace de la civilisation et du réel, que le peintre tient à distance afin de préserver l'intimité et l'irréalité de cet amour contrarié. On se sent bien là où on est. Et puis Armida est vraiment très belle...








***   

    





 

(Portrait de la danseuse en Vénus avec deux colombes . 1830)    



Voici cette fois un tableau étonnant à tous points de vue. Une femme nue, grande, robuste, belle et mélancolique, se tient debout les pieds dans l'eau, accoudée à un muret la main gauche déployée, les doigts tendus pour que des colombes viennent s'y percher. Mais les beaux oiseaux blancs ne semblent pas intéresser la belle outre mesure, elle tourne la tête vers la droite, attentive à on ne sait quoi, attendant peut-être quelque chose. Autour d'elle le décor est somptueux, sans doute une maison au bord d'un lac d'altitude, comme l'indiquent les marches qui descendent jusque dans l'eau et les collines qui barrent l'horizon. Une immense vasque achève de meubler cet espace très évocateur. (Notons que les deux colombes semblent reliées par un lien qui passe dans le dos de la femme)   
Mais le plus remarquable dans cette toile c'est bien sûr la femme elle-même. Le titre dit que c'est une danseuse...mouais..alors les danseuses au 19 ème siècle avaient des gabarits bien différents de celles qu'on voit actuellement. Cette "danseuse", quoi qu'il en soit, est merveilleusement bien bâtie, large, charnue sans excès, en même temps que longue et élancée. On est ébloui par tant de plénitude émanant d'un corps de femme. S'il n'y avait cette petite touche d'inquiétude sur son visage, on pourrait dire que la femme aux colombes est puissamment calme, sereine, apaisante... Regardons-la de plus près.



   


Il apparait très clairement que, même si ce n'est pas volontaire, Hayez a peint ici une femme à deux visages, à deux étages. Le haut est fin, stylé, tendu vers un ailleurs, plein de noblesse et de spiritualité, tandis que le bas est fortement présent, charnel, terrestre, voué à l'animalité.   


   






***   






   

(Odalisque . 1837)   


Cette "odalisque" mérite des guillemets tant elle ressemble peu à une fille de harem. Elle fait plutôt penser d'abord à une sorte de sainte, mais il est vrai que le mot odalisque pouvait aussi parfois désigner une jeune fille vierge. Ici l'absence de décor concentre l'attention sur le visage et le buste de cette belle jeune femme. La poitrine et les cheveux couverts d'une sorte de tissu léger, le regard baissé, le maintien réservé, modeste, sont ce qui frappe d'abord.    
Puis on voit cette main gauche, merveilleusement dessinée et peinte, on regarde le pouce et l'index posés sur sa peau et les autres doigts légèrement repliés qui pressent le tissu, l'empêchant de glisser, c'est à dire de dénuder sa poitrine...et on retient presque son souffle: il suffirait d'un rien pour que le tissu tombe ! Hayez n'a pas pu ne pas y penser !Il apparait donc, au deuxième regard, que cette toile n'est pas aussi "pieuse" que nous l'avions pensé. Les yeux baissés sont trompeurs, l'odalisque a sa façon à elle de séduire, toute en finesse, toute en sous-entendus. Elle nous dit en clair: ne vous y fiez pas, je ne suis pas une sainte, mes doigts vont peut-être lâcher ce tissu qui cache ce que vous désirez voir. Tenez-vous prêts.






***   







   

(Odalisque allongée . 1839)   


Cette autre odalisque (l'emploi répété du mot est lié au fait que le 19ème siècle avait alors succombé à une vague d'orientalisme débridé) est bcp plus conforme à l'image traditionnelle que nous en avons: allongée sur une sorte de canapé-lit devant une fenêtre donnant sur la mer, environnée de lourdes tentures, et passablement dévêtue, la femme est dans l'attente. On ne voit pas ce qu'elle guette, mais il est clair qu'elle n'attend pas le réparateur du lave-vaisselle. Le léger sourire qui étire ses lèvres, le regard ardent, la main posée sur sa poitrine (presque identique à celle de la toile précédente), tout indique qu'elle attend un homme.   



   



Cette impression est accentuée par le très bel ensemble que forment ses deux mains, dont l'une effleure sa peau nue, tandis qu'à travers le drap l'autre appuie sur un sein.   



   



La sensualité d'Hayez dans sa peinture des femmes est ici à son point culminant.   








***   







   

(Baigneuse vue de dos . 1859)   


Il est très rare, sinon inédit, qu'à cette époque le sujet central d'un tableau regarde le spectateur en face, comme le fait ici cette jeune fille avec un brin de défi. Si l'on ajoute à ça le fait qu'elle est vue de dos, et qu'elle tente avec un morceau de tissu de masquer sa nudité, on aura compris que le vrai sujet de cette toile est la pudeur.   


   








***   









   
      

Francesco Hayez, si attentif à la beauté des femmes, n'a jamais cependant tenté de les idéaliser ou de les enjoliver pour en faire de purs objets de désir. Toutes celles que nous avons vues restaient humaines, c'est à dire imparfaites, plus ou moins selon les cas. Avec cette troisième odalisque, parvenu au crépuscule de sa carrière, le peintre cherche désormais la vérité plus que la beauté. Les "ingrédients" de base restent les mêmes, une femme nue, un drap qui démasque autant qu'il masque, mais Hayez ici ne cache pas que son modèle a un léger excédent de poids, au point que sa poitrine fait un pli dans cette position assise. Cette sincérité de l'artiste fait que la jeune liseuse nous semble encore plus émouvante que si son corps était sans défaut.   


   







*****   








HAYEZ   








Francesco Hayez est réputé être LE peintre romantique par excellence. Il y a chez lui sans doute un univers intimement lié à la nature et aux sentiments, qu'il pousse à un niveau d'exacerbation très intense, mais ce qui fait son principal intérêt selon moi c'est que chaque toile, loin d'être un recommencement, une nouvelle variation sur un thème rebattu, nous emmène dans un autre décor, avec d'autres horizons.   


Le peintre donne au spectateur de son oeuvre suffisamment d'éléments pour que celui-ci puisse imaginer ce qu'elle raconte, et même parfois pour qu'il puisse l'inventer.   
C'est ce qui fait la richesse de son travail. Tout ce que nous avons vu renvoie à une fiction. Rinaldo et Armida bien sûr, les trois Odalisques en attente ou rêvant d'un ailleurs aussi, la Femme aux colombes évidemment, et la Baigneuse qui nous regarde en nous disant laissez-moi tranquille, toutes ces belles femmes sont les personnages d'un récit dont elles occupent la place centrale.

FRANCESCO HAYEZ EST UN PEINTRE RACONTEUR D'HISTOIRES    





   
(Statue d'Hayez à Milan)






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MessagePosté le: Mer 15 Avr - 00:23 (2009)    Sujet du message: Publicité

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